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Une 3e Coupe Stanley à Pittsburgh

 

Texte: PC

Les Penguins sont les champions de la coupe Stanley. Ils ont remporté le septième match de la finale au compte de 2-1 sur les Red Wings de Detroit, vendredi.

Il s'agit d'une douce revanche pour les Penguins qui avaient baissé pavillon l'an dernier en finale en six matchs contre ces mêmes Red Wings.

"C'est le plus beau jour de ma vie!, a lancé Maxime Talbot sur la patinoire peu après la victoire des siens. C'est le plus beau jour de ma vie, hé que je ne me lasse jamais de le dire!

"Ma famille est à côté de moi et j'ai gagné la coupe. C'est spécial!"

Evgeni Malkin a hérité du titre de meilleur joueur des séries, méritant le trophée Conn Smythe. Le Russe termine les séries avec une production de 14 buts et 22 passes.

Quand Sidney Crosby a pris possession de la coupe, il devenait le plus jeune capitaine de l'histoire de la LNH à le faire.

Les hommes de Dan Bylsma ont gagné le calice d'argent après avoir laissé filer les deux premiers matchs de cette série et en allant remporter la coupe sur la patinoire adverse dans un match ultime. Les Penguins ont imité le Canadien de Montréal de l'édition de 1971 qui avait perdu les deux premières rencontres de la série finale avant de revenir de l'arrière pour l'emporter en sept sur Chicago.

Bylsma est devenu le 14e entraîneur recrue à gagner la coupe. Il est toutefois la deuxième recrue à le faire après avoir pris les guides d'une équipe à mi-chemin dans la campagne. Il a succédé à Michel Therrien durant la saison.

Mario Lemieux avait conduit les Penguins à leurs deux premières conquêtes de la coupe Stanley en 1991 et 1992. C'est maintenant en tant que propriétaire qu'il a regardé une nouvelle génération de Penguins imiter ce qu'il a déjà réalisé.

Le gardien Marc-André Fleury a été d'un calme déconcertant devant son filet. Il a réussi un arrêt spectaculaire avec moins de trois secondes à jouer aux dépens de Nicklas Lidstrom, qui a sauté sur une rondelle libre à la droite du filet. Fleury a fait face à 23 tirs.

Et dire que les Penguins ont réussi l'exploit en étant privé en partie de Sidney Crosby, qui a été blessé par une mise en échec de Johan Franzen en deuxième période. Blessé à la jambe gauche, Sid the Kid a quitté le match et il a fallu attendre que la moitié de la troisième période soit écoulée avant de le revoir sur la patinoire.

Talbot a été le héros des Penguins dans ce match ultime. Le Québécois a trouvé le fond du filet de belle façon et ce, à deux reprises au deuxième tiers.

"Je ne saurais expliquer les raisons pour laquelle il répond de cette façon dans les situations corsées, a dit l'entraîneur des Penguins Dan Bylsma de Talbot. Mais c'est quelque chose qu'il fait bien. Il est toujours prêt à répondre à l'appel dans un tel contexte, il n'a pas peur d'y aller le tout pour le tout."

"C'est sûr que tu veux connaître un match du genre, mais tu sais jamais comment ça va se passer, a ajouté Talbot. On a gagné et c'est ce qui importe."

Talbot a d'abord battu Chris Osgood à 1:13 de la période en lui passant la rondelle entre les jambières à la suite d'un revirement provoqué dans le coin par Evgeni Malkin.

Puis, lors d'une montée à deux contre un, Talbot a compté son deuxième du match avec un tir précis dans le haut du filet. Pas mal pour un joueur qui n'a pas des bonnes mains comme l'a dit plus tôt dans les séries le gagnant du Conn Smythe! Talbot a terminé cette série finale avec une production de quatre buts et deux aides.

Talbot a bien failli ne pas jouer les héros pour son équipe, lui qui a été victime d'une sévère mise en échec de Niklas Kronwall en première période. Le Suédois est passé bien près de l'assommer avec un coude. Crosby aussi a goûté à la médecine de Kronwall en première lors d'un avantage numérique.

Jonathan Ericsson, qui avait bloqué un tir à bout portant de Jordan Staal en première, a inscrit les Wings au pointage avec six minutes à jouer.

Cette première finale en 25 ans mettant aux prises les mêmes rivaux que l'année précédente s'est donc terminée à l'avantage de l'autre équipe. Après les Wings l'an dernier, ç'a été au tour des Penguins cette année. Il faut dire que cette jeune équipe en pleine ascension a joué avec beaucoup plus d'assurance qu'il y a 12 mois.

"J'aurais aimé mieux me retrouver du côté des gagnants encore cette année, a dit Henrik Zetterberg, l'un des meilleurs joueurs des Wings au cours des séries. Mais je suis fier de notre équipe. On a un bon groupe de joueurs, qui va être excellent pour encore plusieurs années."

Quant à Hossa, il s'est retrouvé du côté des perdants pour la deuxième année d'affilée.

"On a plusieurs occasions de buts, mais (Fleury) a été excellent, a dit le vétéran des Wings Kirk Maltby. On a ensuite manqué de temps."

"Je ne sais pas si on a manqué de temps. Je crois plutôt qu'on a semblé manquer d'énergie durant pas mal toute la série, a avancé le pilote des Wings Mike Babcock. Nous avons rivalisé, mais nous n'avons jamais atteint notre niveau optimal."

 


 

 

DETROIT - Evgeni Malkin s'est vu décerner le trophée Conn Smythe, remis au joueur le plus utile à son équipe dans les séries de la LNH, vendredi, à l'issue de la victoire de 2-1 des Penguins de Pittsburgh contre les Red Wings de Detroit dans le septième et décisif match de la finale de la Coupe Stanley.

Malkin a totalisé 36 points (14-22) en route vers le championnat des pointeurs dans les séries. Il a connu une bien meilleure finale que l'an dernier, alors qu'il était affecté par la fatigue, la maladie... et la nervosité sans doute. Cette année, il a pris les rênes de l'équipe face aux Red Wings en amassant huit points, soit deux buts et six aides.

Son total de 35 points est le plus élevé dans les séries depuis que Wayne Gretzky a enregistré 40 points (15-25) en 24 matchs pour les Kings de Los Angeles en 1993.

Malkin a donc été couronné champion pointeur des séries et du calendrier régulier, un doublé que seuls Wayne Gretzky, Mario Lemieux, Guy Lafleur et Phil Esposito ont réalisé depuis l'expansion de 1968.

Malkin a été le meilleur dans les présentes séries aux chapitres des aides (22), des buts en avantage numérique (7) et des points avec l'avantage d'un homme (16).

 

 

 

DETROIT - Mike Babcock n'a pas fait de grand discours à ses joueurs, vendredi, après que les Red Wings de Detroit eurent été déchus de leur titre de champions par les jeunes Penguins de Pittsburgh.

"Je les ai simplement remerciés, a fait savoir l'entraîneur des Wings. Et que j'allais leur reparler lundi. Ils ne sont pas intéressés par ce que j'ai à dire en ce moment, de toute manière.

"Mais les ficelles qui tenaient ce groupe-ci debout étaient pas mal effilochées depuis le début des séries, a ajouté Babcock. Les gars ont fait du bon travail pour batailler au travers tout ça et faire du mieux qu'ils pouvaient. Dans certaines situations, nous n'avons pas été aussi bons que nous le sommes normalement. Mais quand les gars te donnent tout ce qu'ils ont, c'est tout ce que tu peux leur demander.

"Nous avons trouvé une manière de se donner des chances. Quand tu gagnes trois matchs dans une finale, tu te donnes des chances. Nous n'en avions pas assez dans le réservoir pour aller jusqu'au bout.

"Il faut aussi donner crédit à (Marc-André) Fleury, a affirmé Babcock. Il a connu ses deux meilleurs matchs de la finale lors des sixième et septième affrontements."

"Il restait deux secondes à faire et il a peut-être réalisé ses deux plus gros arrêts, a noté le vétéran des Wings Kirk Maltby au sujet du gardien des Penguins. Il a bloqué les rondelles quand il le fallait.

"On ne peut pas juste se fier au jeu de puissance (pour gagner), a ajouté Maltby. Il faut pouvoir jouer à cinq contre cinq et obtenir des occasions à armes égales."

Il s'est également illustré au chapitre des revirements. Il en avait provoqué 26, un sommet dans les séries, avant le match de vendredi. Puis un autre dans le septième match, qui a mené au premier but de Talbot.

Malkin est le deuxième joueur dans l'histoire des Penguins à rafler ce trophée. Mario Lemieux en avait été le récipiendaire en 1991 et 1992.

"Il a été exceptionnel", a dit Talbot du parcours de son joueur de centre habituel au cours des séries. "C'est lors du troisième match de la série contre Washington qu'il a vraiment commencé à rehausser son niveau de jeu. Même tout le long, et en fin de saison, il a été exceptionnel. Il n'a pas été le meilleur pointeur pour rien.

"C'est un gros bonhomme qui n'hésite pas à aller dans la circulation. Ce n'est pas le genre de joueur à se contenter de manier le bâton en périphérie, il fonce au filet. C'est un joueur complet, il peut faire des passes et marquer. C'est comme ça qu'il faut qu'il joue et c'est comme ça qu'il a joué pour nous."

Sidney Crosby aurait également pu s'avérer un choix défendable. Ce dernier a connu d'excellentes séries, mais Malkin a davantage produit que son capitaine en finale. Crosby a terminé au deuxième rang des pointeurs dans les séries (15-16-31), mais il a été limité à un but et deux aides dans la série contre les Wings.

"La liste de ses qualité est longue. C'est un grand leader, sur la glace et en dehors, a indiqué l'attaquant des Penguins Ruslan Fedotenko au sujet de Crosby. Il ne laisse pas son statut de super-vedette lui monter à la tête, il est encore terre à terre. On peut lui parler en dehors de la glace, sur la patinoire aussi. C'est un grand joueur et je suis content de l'avoir dans mon équipe."

 


 

 

 

 

DETROIT - Six Québécois auront leur nom inscrit sur la coupe Stanley et pourront la parader un peu partout dans le Belle Province au cours de l'été. C'est le plus grand nombre de hockeyeurs québécois à obtenir ce privilège depuis que le Canadien de Montréal a remporté ce trophée en 1993.

Ils sont Marc-André Fleury, de Sorel, Kristopher Letang, de Montréal, Maxime Talbot, de Lemoyne, Pascal Dupuis, de Laval, Philippe Boucher, de Saint-Apollinaire, et Mathieu Garon, de Chandler.

"Ah? C'est là une belle statistique, a lancé Maxime Talbot quand La Presse Canadienne lui a signalé le fait d'armes. C'est sûr et certain qu'on en retire une fierté particulière. On est six gars très proches, les Québécois. On est fiers de ce qu'on fait ici avec les Penguins."

On pourrait aussi inclure Sidney Crosby dans le groupe, à titre de membre honoraire en quelque sorte. Le hockeyeur de Cole Harbour, en Nouvelle-Ecosse, a encore beaucoup d'affection pour les gens de Rimouski, qu'il a côtoyés dans les rangs juniors quand il s'est aligné avec l'Océanic.

"Il parle français, alors ça compte", a acquiescé Talbot, tout en reconnaissant les liens très serrés qu'ont entretenu les Penguins avec le Québec au fil des ans.

"Il y a plusieurs Québécois qui ont joué à Pittsburgh", a-t-il noté, en faisant notamment allusion à Mario Lemieux bien sûr, mais aussi aux Pierre Larouche, Michel Brière, Jean Pronovost, Gilles Meloche, Dennis Herron, etc. "C'est sûr aussi que depuis que Mario (Lemieux) est propriétaire, c'est une plus grosse fierté. On a la chance d'être plusieurs Québécois dans l'équipe, on a eu Michel Therrien qui a été entraîneur... Pour nous, c'est super de pouvoir jouer ensemble."

"Il y a toujours eu beaucoup de francophones, Pittsburgh est un endroit où il est très agréable de jouer, a indiqué Dupuis. Il y a une fierté d'avoir un aussi grand nombre de francophones dans l'équipe. Et c'est plaisant de savoir, à travers les journalistes québécois qui viennent nous voir, que le Québec est derrière nous."

"C'est agréable de voir une équipe avec autant de francophones qui gagne, a souligné Letang. Surtout qu'il n'y a pas tant de Québécois que ça dans la Ligue nationale."

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A 22 ans et 10 mois, Evgeni Malkin est le troisième plus jeune joueur à avoir remporté le trophée Conn-Smythe, remis au joueur le plus utile à son équipe dans les séries. Patrick Roy, qui a décroché cet honneur à 20 ans en 1986 avec le Canadien, et Cam Ward, qui a réalisé l'exploit en 2006 avec les Hurricanes de la Caroline à 22 ans et trois mois, sont les deux plus jeunes.

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Vendredi, dans le septième match, Maxime Talbot en était à son deuxième doublé de la finale. Il avait également marqué deux fois dans le troisième match, qui s'était soldé par une victoire de 4-2 des Penguins. Il avait alors complété son doublé en fin de rencontre dans un filet désert.

Le joueur de Lemoyne a été le meneur en finale aux chapitres des buts (4) et du différentiel (plus-4). Il a été le deuxième marqueur de son équipe lors du dernier tour des séries, avec six points (4-2). Seul Evgeni Malkin (2-6) a mieux fait que lui.

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Bill Guerin, le vétéran des Penguins, a remporté la deuxième coupe Stanley de sa carrière près de 14 ans après sa première. Il était alors un membre des Devils du New Jersey. Ce laps de temps entre deux conquêtes - 13 ans et 353 jours - est le troisième plus long dans l'histoire de la LNH, après Chris Chelios et Mark Recchi.

Chelios a attendu 16 ans et 20 jours entre la coupe de 1986 à Montréal et celle de 2002 avec Detroit. Recchi, lui, a connu un délai de 15 ans et 25 jours entre le trophée de 1991 avec Pittsburgh et celui de 2006 avec les Hurricanes de la Caroline.

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Reste à savoir combien de marques de Wayne Gretzky le capitaine des Penguins Sidney Crosby va rééditer d'ici la fin de sa carrière, mais il en a effacé une, vendredi, quand il est devenu le plus jeune capitaine de l'histoire à avoir le privilège de toucher à la coupe Stanley.

Le hockeyeur de Cole Harbour, en Nouvelle-Ecosse, a remporté le trophée à 21 ans. Gretzky avait 24 ans quand il a mis la main sur la première de ses quatre coupes à titre de capitaine des Oilers d'Edmonton, en 1984.

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La conquête de la coupe par Sidney Crosby viendra enlever beaucoup de pression sur les épaules du no 87. La crainte de 'rater' sa carrière, d'être un de ces grands joueurs qui n'a jamais rien gagné dans la LNH, est maintenant dissipée dans son cas.

On sait qu'on a imposé au prodige de Cole Harbour de lourdes responsabilités quand on l'a couronné, dès son arrivée dans la ligue, successeur de Wayne Gretzky à titre d'ambassadeur de la LNH et de Mario Lemieux comme tête d'affiche des Penguins. Il a maintenant franchi une étape cruciale dans sa quête de confirmer sa légende en devenir.

"Sid a enfin réalisé son rêve de remporter la coupe, a dit Mario Lemieux après le match de vendredi. Sa carrière sera maintenant complète, peu importe ce qui arrivera par la suite."

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Le capitaine et vétéran défenseur des Red Wings, Nicklas Lidstrom, a reconnu, après le match de vendredi, que la série contre les Penguins a été l'une des plus ardues qu'il ait disputée au cours de sa carrière.

"Ç'a été ardu depuis le premier match, a-t-il souligné après la défaite de 2-1 des siens dans le septième match de la finale de la Coupe Stanley. L'initiative du jeu est sans cesse passée d'une équipe à l'autre, on s'est échangé beaucoup d'occasions. C'est difficile de se retrouver du côté des perdants après tout ça, surtout quand tu viens si près de l'emporter."

 

 

 

(ESPN.com) - À travers la foule qui avait envahi la glace du Joe Louis Arena, Mario Lemieux cherchait Sidney Crosby. Quand l’ancien capitaine et actuel propriétaire des Penguins de Pittsburgh a finalement repéré son jeune protégé, il lui a doucement remis la précieuse coupe Stanley, bouclant ainsi la boucle sur la remarquable odyssée que venait de conclure son équipe.

Pour une formation qui, quelques heures auparavant, avait survécu à la perte de Crosby, blessé au genou en deuxième période, pour arracher une spectaculaire victoire aux champions en titre, les Red Wings de Detroit, ce premier sacre depuis 1992 se voulait un triomphe bien mérité, mais aussi la célébration d’une improbable épopée.

C'est une improbable aventure pour une franchise que l'on croyait morte il y a quelques années.

Il s'agit aussi d'une fable improbable pour une formation qui a congédié son entraîneur durant la saison et qui semblait en voie de rater les séries à la mi-février.

La bataille entre Sidney Crosby et Henrik Zetterberg a été une des nombreuses intrigues secondaires de la finale.

Il s'agit d'un conte de fées pour des joueurs qui ont refusé d'abandonner et qui ont défié la logique.

"C'est un rêve qui devient réalité. Tout a bien fonctionné pour nous, a dit Crosby, qui est le plus jeune capitaine de l'histoire de la LNH à remporter la coupe Stanley. Je me sens tellement bien. C'est exactement la raison pour laquelle on joue au hockey."

Pour une deuxième partie de suite, les Penguins ont vaincu les Red Wings sans que leurs deux principaux canons, Crosby et le gagnant du Conn Smythe Evgeni Malkin, ne trouvent le fond du filet.

C'est plutôt un joueur de soutien, Maxime Talbot, qui a fait la différence alors que le gardien Marc-André Fleury a excellé devant sa cage. Les Penguins sont devenus seulement la deuxième équipe à remporter la coupe après avoir perdu les deux premiers matchs de la finale.

"Tous les soirs, un joueur différent s'est signalé. Un arrêt comme Marc-André a réalisé avec une seconde à faire, il l'a fait plusieurs fois, a dit Crosby, faisant référence à l'arrêt du gardien aux dépens de Nicklas Lidstrom, dans les derniers instants du match numéro sept.

Talbot est allé encourager son gardien après que Jonathan Ericsson eut marqué le premier but des Wings avec environ six minutes à jouer à la rencontre. "J'ai dit à Flower que j'avais compté le but pour la victoire et que lui devait juste faire les arrêts. Et c'est ce qu'il a fait."

Les deux joueurs sont des amis proches et on voit toujours Talbot parler en tête-à-tête avec son gardien avant de sauter sur la glace ou encore devant la cage à Fleury avant chacun des matchs.

"Nous faisons toujours la même chose," a dit Talbot.

Ils parlent de leur vie, leur famille, du match. Mais surtout, ils parlent de la chance qu'ils ont d'être là où ils se trouvent. "Nous sommes chanceux d'être ici. C'est ce que nous nous disons," a ajouté Talbot.

Vendredi, Fleury a mérité le respect du monde du hockey en bloquant 23 des 24 tirs dirigés vers lui et du même coup, il a effacé les trois défaites encaissées au Joe Louis Arena pendant cette série.

Fleury a été le premier choix des Penguins. Talbot? Il avait été repêché 234e en 2002. Il blaguait vendredi en déclarant qu'il avait craint pour son poste de joueur de centre quand les Penguins ont repêché Crosby en 2005.

L'homme que l'on surnomme "The Gamer" a terminé les séries avec huit buts en séries, dont le but le plus important dont les Penguins avaient besoin pour remporter les grands honneurs.

"J'ai du mal à croire que nous avons gagné la coupe Stanley. C'est tellement spécial, a affirmé Talbot. Tous les matins j'aime me réveiller et me dire qu'aujourd'hui est la plus belle journée de ma vie. Je pense vraiment qu'aujourd'hui est la plus belle journée de ma vie."

Le vétéran Bill Guerin pourrait avoir résumé le mieux la situation quand il a simplement déclaré, "Merci Dieu pour Maxime Talbot."

Guerin a été le premier à qui Crosby a remis la coupe. Guerin avait également savouré les joies de remporter les grands honneurs avec les Devils du New Jersey en 1995.

Guerin était entourée de sa famille au moment des célébrations. Sa famille a fait le sacrifice de demeurer près de Long Island quand les Penguins ont fait son acquisition à la date limite des échanges. "C'est ce que nous voulions tous et ça valait la peine."

Il a déclaré qu'il a levé les yeux vers le tableau et qu'il a constaté qu'il ne restait que six secondes au match. "J'avais du mal à croire que c'était vraiment pour arriver."

Comme les familles et les joueurs qui envahissaient la patinoire du Joe Louis Arena, des milliers de partisans des Penguins - mais d'où sortaient-ils - sont descendus vers les estrades inférieures. Plusieurs s'enlaçaient ou avaient la larme à l'oeil.

Hal Gill tenait sa fille. Souvent critiqué pour son style parfois maladroit, Gill était sur la patinoire pendant les dernières secondes du septième match. Maintenant avec sa famille, Gill n'était pas en mesure de dire ce qu'il a ressenti quand il a soulevé la coupe pour la première fois de sa carrière.

"Je ne sais même pas si je m'en souviens, a-t-il soutenu. Vous travaillez si fort pour quelque chose. C'est vraiment magique."

Tout près, Jordan Staal était avec sa mère Linda et il se promenait autour d'elle, ses yeux étaient rougis par l'émotion. Lors de l'été 2006, son frère Eric avait apporté la coupe Stanley à la maison familiale de Thunder Bay en Ontario après la conquête par les Hurricanes de la Caroline. Jordan n'avait pas voulu toucher au trophée mais vendredi, il ne s'est pas fait prier pour le faire.

"Je suis tellement heureux, a dit papa Staal, Henry. C'est vraiment un événement."

L'assistant entraîneur des Penguins Tom Fitzgerald célébrait avec les joueurs, lui qui a rejoint l'entraîneur Dan Bylsma à la mi-février, laissant son épouse ainsi que ses quatre garçons derrière lui.

En tant que joueur, il avait participé à la finale de la coupe Stanley de 1996 mais il ne l'avait pas remporté. "Je ne croyais jamais que j'aurais la chance d'y parvenir," a avoué Fitzgerald.

Quand il a accepté le poste, il ne pouvait pas non plus s'imaginer ce qu'il allait vivre. "Ça démontre simplement que tout est possible. Ça démontre aussi la résilience qui règne dans ce groupe."

Si l'équipe a pu apprendre que tout était possible, elle l'a appris du nouvel entraîneur Bylsma, un éternel optimiste. Même quand les choses allaient mal et que l'équipe s'est retrouvée en arrière 0-2 en deuxième ronde contre Washington et la même chose contre Detroit en finale, Bylsma a continué à motiver ses troupes en leur expliquant qu'il croyait toujours en leurs moyens.

Et vendredi soir, il a été récompensé par ce championnat. Pas mal pour un gars qui a commencé la saison dans l'anonymat à la barre de l'équipe de la Ligue américaine de hockey à Wilkes-Barre.

"Vous savez, j'avais prévu ceci. J'y avais rêvé, a ajouté Bylsma. J'espérais que ça arrive un jour. Il y a eu d'excellents entraîneurs qui ont oeuvré longtemps dans cette ligue mais qui n'ont jamais eu la chance de gagner la coupe."

Le directeur général Ray Shero portait fièrement sa casquette de champion, qui n'allait pas du tout avec son complet. C'est son équipe qui a gagné, ce qui devrait faire taire ses dénigreurs qui étaient nombreux. Il a été critiqué parce qu'il n'a pas été capable de retenir les services de Marian Hossa, qui a accepté une offre des Red Wings l'été dernier. Le plus ironique dans ce septième match, c'est que Ruslan Fedotenko et Miroslav Satan, deux acquisitions qui lui ont valu des critiques, ont très bien joué. Satan a bloqué quelques tirs alors que Fedotenko a excellé dans le contrôle de la rondelle en zone offensive.

"C'est fou comme cette équipe est unie," a déclaré Shero.

Le directeur général des Penguins est le fils du légendaire Fred Shero, ancien entraîneur des Flyers de Philadelphie qui a remporté deux coupes de suite en 1974 et 1975. Maintenant, quand il visitera le Temple de la Renommée avec sa famille, ses enfants ne verront plus seulement le nom de leur grand-père associé aux gagnants mais aussi celui de leur papa.

Quelqu'un a demandé à Shero si c'était le début d'une nouvelle dynastie. Ce dernier a simplement souri. Trop tôt pour avancer une chose pareille mais pas trop tôt pour clamer, "Actuellement, nous sommes la meilleure équipe de la LNH."

Non loin de là, Crosby est apparu avec une bouteille de champagne à la main, se faisant un chemin à travers les journalistes, cherchant à asperger ses coéquipiers.

 

 

DETROIT - On a beaucoup parlé de la riche tradition des Red Wings cette semaine. La formation de Detroit était alors en quête d'une 12e coupe Stanley depuis sa naissance, et d'une cinquième depuis 1997.

Mais les Penguins ont également su installer un certain sens de la tradition à Pittsburgh. Mario Lemieux, celui qui a aidé l'équipe à remporter les deux premières coupes de son histoire, en 1991 et 1992, est encore dans l'entourage de l'équipe puisqu'il en est le copropriétaire. Il fait également sentir sa présence en conservant un casier à son nom dans le vestiaire du Mellon Arena, à côté de celui de Sidney Crosby.

C'est là un rappel que l'histoire de l'équipe est déjà plus riche que celles de bien d'autres concessions dans cette ligue. Même si elle reste encore à faire et à compléter.

Car avec leurs trois coupes Stanley, les Penguins ont déjà fait aussi bien que les Devils du New Jersey et les Blackhawks de Chicago. C'est une de plus que l'Avalanche du Colorado et les Flyers de Philadelphie.

Seules sept équipes ont mieux fait que les Penguins à cet égard: le Canadien bien sûr, avec ses 24 titres, les Maple Leafs de Toronto (14), les Red Wings (11), les Bruins de Boston et les Oilers d'Edmonton (5 chacun) ainsi que les Islanders et les Rangers de New York (4).

D'ici la retraite des Sidney Crosby, Evgeni Malkin et Jordan Staal - ce qui risque de ne pas survenir avant une bonne décennie, voire 15 ans - les Penguins pourraient donc se retrouver au quatrième rang à ce chapitre. Avec un peu de chance et une bonne gestion du plafond salarial, bien sûr.

"C'est certain que lorsque tu as une équipe gagnante, tu commences à parler d'une tradition gagnante, déclare Pascal Dupuis. Le fait que Mario Lemieux et Jaromir Jagr aient gagné, et en ce moment Sidney Crosby, Evgeni Malkin et tous les joueurs qui les soutiennent aussi, ça aide (à faire des liens entre le passé et le présent)."

Et si les Penguins ont joué avec autant de panache et d'assurance dans ces séries, c'est en partie parce que Lemieux est très présent dans la gestion de l'équipe. Comme copropriétaire, mais aussi comme mentor de Sidney Crosby, le joyau de l'édition actuelle de l'équipe. On sait que ce dernier demeure toujours chez les Lemieux.

Mario le Magnifique a veillé à ce que Crosby ne perde pas son sens des valeurs et des responsabilités, lui qui fait l'objet d'une attention médiatique écrasante depuis son adolescence. Son influence, alliée au sérieux et au dévouement déjà inné de Crosby, a permis à ce dernier de remporter la coupe à seulement 21 ans, soit trois ans plus rapidement que ne l'a fait Wayne Gretzky avec les Oilers.

Lemieux, qui a lui aussi dû vivre dans l'ombre de Gretzky, sait plus que quiconque ce que ressent son dauphin après avoir remporté la coupe Stanley, vendredi.

"Ça veut tout dire pour lui, dit Lemieux de son successeur. La seule chose à laquelle ce jeune-là pense, c'est de remporter des championnats. Sa vie, c'est de s'entraîner, de jouer au hockey. C'est un joueur de hockey parfait. Il pense au hockey à tous les jours, il se prépare très bien.

"C'est incroyable, j'aurais souhaité avoir la même discipline que lui au même âge", ajoute le grand patron des Penguins, laissant ainsi entendre que Crosby pourrait en faire encore plus que lui pour la concession de Pittsburgh d'ici la fin de sa carrière de joueur.

Lemieux, comme Yzerman

Bref, Lemieux joue le même rôle qu'un Steve Yzerman a joué comme joueur et continue de jouer comme dirigeant chez les Red Wings.

"Je suis à Detroit depuis 1996, alors j'ai vu de près le cheminement de Stevie (Yzerman), a témoigné le vétéran Kirk Maltby cette semaine. Il était le visage de cette concession. De voir comment il a évolué au fil des ans, à tous les niveaux - son comportement sur la patinoire et en dehors, la façon dont il travaillait à l'entraînement et en gymnase. Depuis qu'il est là, les joueurs de haut niveau qui sont passés par ici ont eu cette capacité de laisser leur ego et leurs problèmes personnels à la porte du vestiaire.

"Tout le monde croit au système qui a été instauré et c'est devenu contagieux. Ça semble passer d'une génération à l'autre.

"C'est quelque chose qui s'est établi avec le temps. Les Wings ont réussi le coup avec (Yzerman), qui a pris le taureau par les cornes, porté la concession sur son dos et mené par l'exemple."

 

 

 

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