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Le 2 décembre 1995

   

1994-95, saison écourtée par le "lock out", le Canadien ratait les séries éliminatoires pour la première fois en 25 ans... c'était donc avec appréhension que l'on entamait la saison 95-96, se demandant si cette exclusion surprise était en fait le résultat du chambardement du calendrier causé par l'arrêt de travail, ou si réellement l'équipe qui venait de remporter la Coupe Stanley deux années auparavant en était déjà à l'étape de la reconstruction. Premier match de la saison, le Canadien subit une dégelée de 7 à 1 au forum face aux Flyers de Philadelphie, 4 jours plus tard, défaite de 6 à 1 face aux Panthers en Floride... le doute s'était aussitôt réinstallé.  Deux autres défaites lors des matchs 3 et 4 face au Lightning et aux Devils par la marque de 3-1 et 4-1.  Bien triste bilan après quatre matchs; 4 défaites, 4 buts comptés et 20 alloués, s'en était fait du directeur général Serge Savard et de l'entraîneur Jacques Demers, le lendemain, Ronald Corey annonçait leurs congédiement et l'entraîneur adjoint, Jacques Laperriere allait remplir le rôle d'entraîneur en attendant que les nouveaux remplaçants soient nommés.

Vendredi le 20 octobre, sous les ordres de Laperriere, le Canadien subissait une 5e défaite consécutive, par la marque de 2-0 face aux Islanders de New-York... Montréal était en panique, toujours amer de l'exclusion des séries l'année précédente, on venait de perdre les 5 premiers matchs de la nouvelle saison, et ce, de façon plutôt décisive.  C'est le lendemain après midi que Ronald Corey annonçait la nomination de Réjean Houle à titre de directeur général, et de Mario Tremblay dans le rôle d'entraîneur... nomination questionnable, puisque Houle et Tremblay n'avaient aucune expérience dans le domaine.  Dans les circonstances, ils ne semblaient guère les individus tout désignés pour remettre dans le droit chemin une équipe complètement à la dérive.  Avant de prendre sa retraite du monde du hockey plusieurs années plus tard, Corey allait avoir amplement le temps de regretter cette décision.

Le soir même, les Maples Leafs de Toronto étaient en ville, et sous les ordres de Mario Tremblay, le Canadien allait finalement remporter son premier match de la saison, marquant in extrémiste en fin de rencontre pour vaincre les leafs par la marque de 4-3.   Patrick Roy allait remporter ses 7 premiers matchs de l'ère Houle - Tremblay et on aurait pu croire alors que tout était redevenu à la normal, cependant, un conflit interne entre Roy et son entraîneur avait pris naissance et s'envenimait au fil des semaines.  La relation entre Roy et Tremblay n'était pas au beau fixe avant même que ce dernier devienne l'entraîneur du Canadien, Tremblay l'analyste avait maintes fois critiqué le jeu et attitude de Roy. 

Lorsque l'on demanda à Roy de faire ses commentaires lors de la nomination du nouvel entraîneur, il déclara qu'il avait cru à une farce et qu'il avait du prendre une douche froide lorsque que mit au courant.  Lorsque Tremblay fit son premier discours d'équipe, il le fit en anglais et éprouva quelques difficultés, Roy se souvenant très bien les moqueries de Tremblay à son endroit lorsqu'il s'exprimait en anglais à son année recrue en 86, baissa la tête et ria, Tremblay le prit en grippe à partir de ce moment là.   Mario Tremblay avait décidé d'adopté le style de la vieille garde, dur et intransigeant, voulant être le seul maître à bord, il ne prenait pas de décision après avoir consulté ses vétérans comme son prédécesseur Jacques Demers avait l'habitude de faire.  Lors des conférences de presse, Tremblay était agacé des questions des journalistes lorsqu'on lui demandait si il avait discuté de la rotation des gardiens avec Patrick Roy pour les prochains départs, "...c'est pas lui le coach, c'est moi." qu'il répondait.

 

Le 2 décembre au forum de Montréal, le Canadien affrontait les Red Wings de Detroit dans le 2e match d'une série aller-retour.  Début de match indiscipliné pour le Canadien alors que les pénalités s'accumulent et que Detroit marque rapidement quelques buts.  Après une période, les Wings ont déjà l'avance 5-1, les partisans surpris par cette déconfiture le sont encore plus lorsqu'ils voient Roy reprendre sa place devant le filet en début de deuxième période... il était maintenant évident que Tremblay allait essayer de passer un message à son gardien, il voulait le "mettre au pas".  La déroute se poursuit avec un 6e et un 7e but, à ce moment là, les Wings avaient déjà quatre buts en avantage numérique... Tremblay reste de glace, et ne rappelle pas son vétéran gardien au banc.  On peut sentir le malaise, pourquoi Tremblay garde-t-il son gardien sur la glace à 7-1  alors que le Canadien doit affronter les puissants Devils, Pengouins et Rangers dans les jours suivants?  Vint ensuite le 8e but, nous sommes à peine à mi chemin dans le match, Roy regarde vers le banc, mais on ne lui fait pas signe de rentrer.  À 8 à 1, Roy bloque un lancer de routine et une partie de la foule se met à applaudir, dans geste  de dérision, Roy lève les bras au ciel pour les remercier. À 11 minutes 57 secondes de la 2e période, Detroit marque un 9e but et Tremblay décide finalement de retirer son gardien du match... Roy rentre au banc devant le regard méprisant de Tremblay, place son équipement, passe devant Tremblay pour rejoindre son siège, retourne sur ses pas et va parler à Ronald Corey assis dans la première rangée derrière le banc.  "C'était mon dernier match avec le Canadien!"... il repasse devant Tremblay pour rejoindre son siège, ce dernier le suivant des yeux pendant tout ce temps, et au moment où Roy s'asseyait au bout du banc, Tremblay lui demanda qu'est-ce qu'il avait dit à M. Corey, et Roy lui lança, "T'as compris st..!".  Après la deuxième période, en engueulade suivra entre les deux hommes dans le vestiaire.  Le match allait se terminer 11 - 1 et on attendait impatiemment le lendemain pour connaître le dénouement de l'affrontement Roy-Tremblay.

Dimanche le 3 décembre, le canadien tient une réunion d'équipe avant son entraînement, Roy n'y est pas, il ne sera pas de l'entraînement non plus.  Une conférence de presse est annoncée pour 16h30, elle aura finalement lieu à 17h30, et Réjean Houle annonce qu'après avoir rencontré Patrick Roy, il a décidé de le suspendre avec salaire et de le mettre sur le marché des échanges, le petit monde de la LNH est sous le choc.  Toujours en conférence de presse, Mario Tremblay affirme qu'il a gardé Roy dans le match puisqu'il croyait toujours en un retour possible, même à 6, 7 et 8 à 1... version des faits peu crédible qui laisse les gens des médias et observateurs très perplexes quant aux motivations réelles de l'entraîneur.  Assez étrange qu'un entraîneur agisse de la sorte avec un gardien qui avait une fiche de 12-3-1 sous ses ordres avant ce fameux match.  Le lendemain, c'est au tour de Patrick Roy de rencontrer la presse, visiblement triste et déçu de la situation, il explique sans donner de détails que sa relation avec Mario Tremblay était devenue très tendu, il regrette d'avoir levé les bras au ciel en signe de dérision et aussi de terminer sa carrière à Montréal de cette façon.  Tout comme Guy Lafleur, la dernière grande vedette du Canadien avant lui, la carrière de Patrick Roy avec le Canadien se termine bien mal.

Ayant maintenant Pat Jablonski comme numéro 1, Réjean Houle est pressé d'effectuer un échange au plus vite... c'est le 6 décembre que la nouvelle tombe, Patrick Roy est échangé à l'Avalanche du Colorado en compagnie de Mike Keane, en retour de Martin Rucinski, Andrei Kovalenko et du gardien Jocelyn Thibault. 

Après de nombreux différents avec d'autres joueurs, Donald Bradshear, Benoit Brunet et Pierre Turgeon entre autres, Tremblay donna sa démission à la fin de la saison 1996-97 après avoir terminé au 8e rang de la conférence et subit une 2e élimination hâtive consécutive en première ronde des séries.  Durant son bref passage avec le Canadien, Tremblay fut sévèrement critiqué par la presse montréalaise, c'est d'ailleurs ce qui a mené à sa démission.  Houle fut limogé en 2000 et Corey se retira en 2001... en 2001, Roy lui remportait une 4e Coupe Stanley et un 3e Trophée Conn Smythe.

 

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Autres Portraits

Biographie
Ses Débuts en 1985-86
Avec le Canadien
le 2 décembre 1995
Au Colorado
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Sa carrière en Photos
Roy dans les médias
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