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Retraite et  réactions suscitées

   
 

Le 22 avril 2003, Andrew Brunette du Wild du Minnesota marque en prolongation et élimine du même coup l'Avalanche du Colorado des séries d'après saison, une autre saison qui se termine sans coupe Stanley, car même pour les meilleurs, la récompense ultime ne survient que très rarement dans une carrière.  Abattu, Patrick Roy quitte son filet et se dirige vers le vestiaire de l'Avalanche comme si de rien n'était.  Un peu plus tard ce soir là, quelques journalistes lui demande la question qui revenait toujours à la fin de la saison depuis deux ou trois ans. "...Patrick, est-ce que tu songes à la retraite?".  Malgré cette question, très rare sont ceux qui croient que Roy se retirera maintenant, d'ailleurs à 37 ans, il pourrait avoir 2 ou 3 autres bonnes saisons devant lui, sans compter qu'il a toujours une autre année à son contrat ($9 millions) et qu'il est toujours parmi l'élite de la LNH.  Cette fois ci, la réponse est différente, "... je vais devoir prendre une décision dans les prochains jours concernant mon avenir, je vais y réfléchir".

Dans les jours et semaines qui suivront, la rumeur selon laquelle Roy annoncera sa retraite s'intensifie, malgré que ce dernier répond toujours qu'il réfléchi à son avenir, des sources près du gardien affirme que s'en est fait de sa carrière en tant que gardien dans la LNH.  Le 26 mai, l'Avalanche annonce une conférence de presse pour le lendemain où Roy confirmera la nouvelle de son retrait de la compétition.  En fait, il le savait depuis le tout début de la saison que celle-ci allait être sa dernière, mais préféra partir sans tambour ni trompette en ne l'annonçant pas publiquement.

 

Mercredi 28 mai 2003 - MONTRÉAL (PC) - Les commentaires élogieux ont fusé un peu partout à travers le monde du hockey, mercredi, dans les heures qui ont suivi la confirmation de la retraite de Patrick Roy. "Si tu veux décrire ce qu'est un gagnant, tu n'as qu'à le donner comme exemple, a déclaré le gardien des Mighty Ducks d'Anaheim Jean-Sébastien Giguère, qui se trouve au New Jersey pour la finale de la coupe Stanley.

"Pour les jeunes gardiens, surtout ceux du Québec, c'était lui notre modèle. Il était l'idole de beaucoup de jeunes et c'est l'une des raisons qu'on voit tellement de gardiens francophones dans la ligue en ce moment. Nous avions quelqu'un pour nous inspirer. Tout le monde voulait être comme lui."

Martin Brodeur a quant à lui qualifié Roy de "l'un des premiers gardiens à avoir été reconnu comme un joueur de concession".

"Il est le premier à avoir vraiment fait croire aux gens qu'un gardien pouvait être un joueur d'impact dans une équipe", a souligné le gardien des Devils.

"Patrick Roy est plus qu'un gardien, a déclaré Jacques Demers, son ancien pilote avec le Canadien lors de la conquête de la coupe Stanley en 1993. Il est l'un des meilleurs athlètes que le Canada et le Québec aient jamais produit.

"Après Wayne Gretzky, Raymond Bourque et peut-être Mario Lemieux, la LNH perd un grand ambassadeur." "Je le considère comme le meilleur gardien à avoir joué au hockey, a affirmé Benoît Brunet, un ancien coéquipier avec le Canadien. Même à la fin de sa carrière, il était l'un des cinq meilleurs de la ligue. C'est incroyable qu'il ait été aussi bon durant 18 ans." Le défenseur du Canadien Stéphane Quintal n'a joué que quelques mois en compagnie de Roy, mais il avait assisté aux péripéties qui ont mené à la transaction qui a envoyé le gardien à l'Avalanche du Colorado.

"Patrick a toujours eu beaucoup d'assurance, certains disent même qu'il était arrogant, mais il fallait qu'il soit un peu comme ça pour accomplir tout ce qu'il a accompli", a dit le vétéran défenseur montréalais.

"J'ai marqué un but à son dernier match contre le Canadien cette saison. C'est peut-être pourquoi il a décidé de prendre sa retraite", a blagué Quintal.

"Il était un gardien qui donnait de grandes performances lors des gros matchs, a souligné l'attaquant des Mighty Ducks Steve Thomas. J'ai eu la chance de marquer mon 400e but contre lui. Pour moi, c'était un exploit important. J'ai son nom sur la plaque que j'ai reçue, alors il fera toujours partie de mes bons souvenirs."

 

Mercredi 28 mai 2003 - MONTRÉAL (PC) - Patrick Roy a révolutionné la position de gardien de but dans la LNH, comme Jacques Plante l'avait fait à sa façon à l'époque.


"Je trouve très flatteur les compliments qu'on me fait. J'ai sans doute influencé des jeunes au même titre que des gardiens comme Daniel Bouchard et Rogatien Vachon m'ont influencé. Et je suis assuré qu'un gardien comme Jean-Sébastien Giguère va lui aussi avoir une influence sur des jeunes." Pour un gardien qui n'avait en tête que de survivre dans la LNH à ses débuts, Roy s'en est pas mal tiré...

Roy a dit s'être laissé emporter par les émotions davantage le matin du septième match de la série contre le Wild, qu'à la conclusion de la rencontre.


"J'avais les larmes aux yeux le matin en pensant que c'était peut-être mon dernier match", a-t-il rappelé.

Roy sait que les records qu'il a établis finiront pas être améliorés, sans doute par des descendants de sa lignée comme Martin Brodeur.

"Je pense que mon fils Jonathan possède les meilleures chances, a-t-il lancé à la blague. Plus sérieusement, il a dit: "Les records ne sont pas importants. Je n'y pense pas. Je m'étais fixé des objectifs de carrière que je suis satisfait d'avoir atteint. Je souhaite bonne chance aux autres." La décision de la famille Roy de revenir au Québec ne fait pas l'affaire de tous les enfants. La cadette Jenna a pris le micro à la fin de la conférence de presse pour demander à papa pourquoi la famille devait retourner au Canada.

L'épouse de Roy est propriétaire d'un centre de santé dans la Vieille capitale.

Roy aurait été prêt à annoncer sa retraite peu de temps après l'élimination de l'Avalanche face au Wild du Minnesota, au début mai, mais le président Pierre Lacroix lui a demandé de mûrir sa décision pendant quelques semaines additionnelles.

"Il était décidé à 100 pour cent quand nous nous sommes revus mardi", a dit Lacroix.

Roy a jugé que le moment était approprié pour en faire l'annonce, en pleine finale de la coupe Stanley.

"Je ne voulais pas l'annoncer à Québec pendant le tournoi de la coupe Memorial. Je jugeais que je devais le faire au Colorado. J'étais prêt à le faire dès mon retour mardi." Roy a dit n'avoir aucun regret, pas même celui d'avoir refusé de prendre part aux Jeux olympiques de Salt Lake City, où le Canada a gagné l'or l'an dernier.

"J'ai eu la chance de participer aux Jeux de Nagano en 1998. Je voulais passer du temps en famille l'an dernier et j'ai pris la bonne décision."

Mardi 27 mai 2003 - (RDS) - La retraite de Patrick Roy ne laisse personne indifférent. Voici donc quelques réactions recueillies dans le monde du hockey.

Guy CARBONNEAU:
"C'est toujours surprenant. J'ai connu la même situation vers la fin de ma carrière. À chaque année, il y a beaucoup de questions qui te passent par la tête. Même si tu penses avoir pris la bonne décision, tu veux te donner un peu plus de temps pour voir si les bibittes dans les jambes vont revenir. Si tu penses que c'est vraiment le temps d'accrocher, fais-le. Il y a eu des spéculations depuis quelques mois et depuis que Colorado est éliminé. Certains croyaient qu'il allait se retirer et d'autres non. Mais, pour avoir parlé avec Patrick lors des dernières années, je croyais que ça serait bien sa dernière saison."

Scotty BOWMAN:

"Je ne suis pas surpris. La décision a été difficile pour Patrick, mais je pense qu'à 37 ans il a atteint tous ses désirs. Je crois que c'était peut-être le temps pour lui de prendre sa retraite. Ce n'est jamais facile pour un gardien lors des dernières années de sa carrière. Ce n'est pas comme un défenseur ou un joueur d'avant. Une grande étoile comme lui n'aurait pas accepté d'être seulement une étoile."

Jocelyn THIBAULT:
"Mon plus beau souvenir, c'est lorsqu'il a gagné la coupe Stanley en 1986. J'avais 11 ans à ce moment et j'étais un grand partisan du Canadien. Je me souviens d'avoir regardé les séries avec mes parents. C'était vraiment spécial d'avoir vu les Canadiens gagner cette année-là. Il avait été tellement bon. Il avait presque remporté la coupe à lui seul. C'est vraiment là que la légende a été créée."

François ALLAIRE:
"C'est comme Wayne Gretzky, Maurice Richard, Jean Béliveau et Guy Lafleur, Patrick est un joueur de ce calibre. Tu ne peux pas voir ça seulement comme un joueur de plus qui prend sa retraite. C'est quelqu'un d'important qui a changé beaucoup de choses. Il a offert une performance incroyable lors des vingt dernières années."

Jacques TANGUAY:`
"Je suis très heureux pour lui et de la décision de Patrick. Après tout ce qu'il nous a donné lors des 18 dernières années, sa décision est très réfléchie. Il est certainement à l'aise avec sa décision et il a eu le temps d'y penser. C'est surtout cet aspect qui était important. C'est clair qu'il s'en vient avec nous comme vice-président hockey. Patrick aura à définir ses tâches, ses responsabilités et ses fonctions au cours des prochaines semaines. Tout cela en fonction de son plan de carrière qu'il établira lui-même."


Sandis OZOLINSH:
"J'ai vraiment apprécié jouer avec lui. Il a dominé la ligue durant de nombreuses années. C'est un jour triste pour le hockey"

Jean-Sébastien GIGUÈRE:
"Ce sera une triste journée pour le hockey. Il est un grand gardien, probablement le plus grand qui ait joué."

Mke KEANE:
"Il a tout accompli et il a brisé tous les records. Sans aucun doute, je peux dire qu'il a été le plus grand gardien de but de l'histoire."

Gino ODJICK
"C'est un peu dommage. C'aurait été le fun qu'il revienne une autre année pour faire un tour d'adieu. Mais, je pense qu'il est assez grand pour prendre ses décisions. Ça va être une grosse perte pour la Ligue nationale. J'ai joué contre lui, c'est un bon gardien et aussi une excellente tête d'hockey. Tu l'entends parler à ses défenseurs et à ses joueurs d'avant. C'est sûr que s'il décidait de poursuivre dans le hockey, il serait un bon atout pour n'importe quelle organisation.

Mardi 27 mai 2003 - MONTREAL (PC) - Patrick Roy a beau prendre sa retraite, ses empreintes restent bien visibles partout dans la Ligue nationale de hockey.

La vedette de l'Avalanche du Colorado laisse derrière lui une légion d'ambitieux successeurs.

En 2002-03, 11 des 30 formations de la LNH comptaient sur un gardien partant originaire du Québec, incluant Roy et les deux qui participent à la finale pour l'obtention de la coupe Stanley: Martin Brodeur, des Devils du New Jersey, et Jean-Sébastien Giguère, des Mighty Ducks d'Anaheim.

José Théodore, du Canadien, Patrick Lalime, des Sénateurs d'Ottawa, Martin Biron, des Sabres de Buffalo, Dan Cloutier, des Canucks de Vancouver, Jocelyn Thibault, des Blackhawks de Chicago, Roberto Luongo, des Panthers de la Floride, Félix Potvin, des Kings de Los Angeles, et Marc Denis, des Blue Jackets de Columbus, ont également mérité le titre de gardien numéro un de leur formation.

Un 12e Québécois, Emmanuel Fernandez, a partagé la besogne avec Dwayne Roloson chez le Wild du Minnesota, tandis que Jean-Sébastien Aubin a amorcé bon nombre de matchs derrière Johan Hedberg à Pittsburgh.

Et il y a ceux qui se trouvent à la porte d'entrée de la LNH, notamment Pascal Leclaire, un choix de première ronde des Blue Jackets en 2001, et Marc-André Fleury, qui devrait être sélectionné parmi les 10 premiers lors du repêchage de juin prochain.

Un impact indéniable Lorsqu'il est question de gardiens dans la LNH, le Québec a toujours été bien représenté. Il y a eu Jacques Plante dans les années 1950, Rogatien Vachon et Bernard Parent, deux décennies plus tard. Mais aucun n'a eu un impact aussi grand que Roy.

L'excentrique adolescent qui parlait à ses poteaux a semé la frénésie à Montréal en menant le Canadien à une inespérée coupe Stanley, à titre de recrue, en 1986.

Rapidement, les amateurs ont pris connaissance de sa prédilection pour les chandails flottants et les repas dans les chaînes de restauration rapide.

Il avait également ses superstitions: il faisait bondir la rondelle au sol dans le vestiaire de l'équipe et, tout juste avant la mise en jeu initiale, il quittait à toute vitesse l'espace qui lui était réservé, le temps de faire un virage brusque sur le cercle du point de remise en jeu.

Roy est devenu la grande vedette du Canadien, un statut qu'il a consolidé en menant la formation montréalaise vers une autre coupe Stanley tout à fait inattendue, en 1993.

Cette année-là, Roy a signé 10 victoires consécutives en prolongation, un exploit sans précédent et inégalé.

L'athlète natif de Québec avait une confiance en lui qui pouvait friser l'arrogance. Son fameux clin d'oeil en direction de Tomas Sandstrom, après un arrêt spectaculaire lors de la finale de 1993 face aux Kings de Los Angeles, le démontre.

Avant les matchs importants, Roy affichait un regard intimidant, par lequel il signifiait aux équipes adverses que très peu de rondelles se frayeraient un chemin derrière lui. Dans de telles circonstances, habituellement, son équipe gagnait.

Mais Roy était également doté d'un tempérament bouillant, ce que les partisans du Canadien ont été à même de constater le 2 décembre 1995, au Forum, face aux Red Wings de Detroit.

En poste depuis à peine deux mois, l'entraîneur Mario Tremblay a attendu que les visiteurs marquent leur neuvième but du match, en deuxième période, pour le sortir de la rencontre.

Une fois rentré au banc, Roy est passé devant Tremblay, est revenu sur ses pas et a annoncé au président de l'équipe, Ronald Corey, que sa carrière à Montréal était terminée.

Dans les trois jours qui ont suivi cette controverse, l'imminent départ de Roy a fait les manchettes de tous les bulletins de nouvelles au Canada, au même titre que l'échange de Wayne Gretzky aux Kings de Los Angeles, en 1988, ou la retraite de Gretzky.

La transaction qui a envoyé Roy à l'Avalanche du Colorado a été le début d'une période difficile pour le Canadien, dont il a encore peine à se relever.

Elle a aussi permis à l'Avalanche, les anciens Nordiques et les grands rivaux du Canadien, de mettre la main sur la première coupe Stanley de l'histoire de l'organisation, à peine six mois plus tard.

Roy a signé son nom pour la dernière fois sur le précieux trophée au printemps 2001.

"Ca sera un jour triste pour le hockey," Confiait le gardien Jean-Sebastien Giguere. "Il est un superbe gardien, probablement le meilleur à avoir chaussé les patins."

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Autres Portraits

Biographie
Ses Débuts en 1985-86
Avec le Canadien
le 2 décembre 1995
Au Colorado
Statistiques
Accomplissements
Sa carrière en Photos
Roy dans les médias
Retraite et réactions
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